« Point mort », 2008

Plan de scène pour « Point Mort ». Natacha Mercier, techniques mixtes sur papier, 21 x 29,7 cm – 2008. Bande son diffusée dans l’habitacle de la Corsa. Texte : Natacha Mercier. Voix : Anne L.


Création au Centquatre à Paris – Tableau vivant de nature morte.

Mise en scène et scénographie : Natacha Mercier
Représentations le 28 décembre de 17 h à 21 h 2008 avec Anne L.
Coproduction : Le Centquatre, Paris
Remerciements : Nicolas Simarik

UNatacha Mercier Point mort au Centquatre Le Centquatre Paris Nicolas Simarik Natacha Mercier Anne Leplane Opel Corsa de 430 000 kilomètres qui fait des bulles, un crâne de cheval, un tas de sable qui fait tic-tac, une Flamande qui dit des mots ou des morceaux de phrases avec un bouquet de tulipes, des bijoux et des poissons… autant d’ingréd
ients que l’on retrouve dans les tableaux de natures mortes flamandes du dix-septième siècle et plus particulièrement dans les Vanités… : une fascination pour l’opulence dans les classes élevées de la société Hollandaise en pleine expansion économique. La Vanité pour évoquer la vie terrestre, ses plaisirs, ses excès, sa fragilité, le temps qui passe, la destruction inévitable de la matière… Compositions picturales où s’invitent fleurs fanées, pièces de monnaie, bulles de savon… L’automobile n’est-elle p
as objet de désir et de plaisir ? Cette installation vivante peut être lue comme un ready-made de Vanitas. L’automobile n’est-elle pas vecteur de « signe extérieur de richesse » ? Une richesse « immatérielle », ou encore « à crédit » dans un monde de boulimie pour la consommation… Futilité !… Cette petite voiture, « Corsa », n’est qu’un 1,5 l diesel et elle a encore su mener l’artiste jusqu’aux anciennes Pompes Funèbres de la ville de Paris pour s’immobiliser dans un « tableau » et s’offrir comme une star. Il faut qu’on parle d’elle. 430 000 kilomètres, ce n’est pas rien. Et l’artiste compte bien la mener jusqu’au bout, jusqu’au dernier souffle. Ne pas la mettre à la casse avant l’heure. « La prime », sa propriétaire s’en fiche. Dès qu’une faiblesse se fait sentir, Corsa va consulter et l’opération s’ensuit naturellement. N’en fait-on pas de même pour nous ? Il faut être conscient que cette petite automobile est une vanité en soi ; avec son kilométrage avancé, rien n’est sûr. La mort la guette. On le sait. C’est la raison pour laquelle Natacha Mercier pense déjà aux funérailles, les organise… tout comme on le ferait pour un proche, pour un être de chair et de sang… Un événement artistique pour la disparition de Corsa : Sa « Mise en Bière ». Mais aujourd’hui il est question de faire les présentations, et puis, le dimanche, c’est le jour de la visite, de la Curiositas. Anne-L., dans une présence plasticienne, parle de Corsa avec mélancolie, violence, bouffonnerie… pendant que Natacha Mercier, dans une tenue un peu… inhabituelle, propose une visite guidée de l’habitacle au public.