« The Chat room »

 

 

«(…) Dans la continuité des jeux plastiques qu’offre le corps-instrument, l’artiste ne limite pas son champ opératoire à son propre regard. Dans une démarche collaborative et transgressive, elle implique ceux qui, par choix, par goût ou par défi, se mettent eux-mêmes en scène grâce aux moyens que procurent aujourd’hui les nouvelles technologies. Via le Net, l’exhibition, jadis cantonnée aux portes cochères ou aux maisons closes, s’affiche sur écran. En proposant à des volontaires une réflexion artistique sur cette composante de la cybersexualité qu’est « l’exhibe », l’artiste joue pleinement son rôle de passeur en lien avec son époque et son public. L’expérimentation évite les écueils de la vulgarité ; elle maintient l’équilibre fragile de la reconstruction du matériau brut, de l’interprétation et de l’exhibition qui parvient à échapper à l’obscène pour se rapprocher de la performance. Chaque écran, dont la surface constitue l’une des strates du dispositif d’occultation/divulgation, devient un ready-made sur lequel l’image s’inscrit en filigrane. Entre références classiques revisitées et réinvention du quotidien, la photo et la vidéo, qui convoquent toutes les formes de sexualités, ouvrent de nouvelles perspectives et tissent un lien entre pratique sociale (si marginale soit-elle) et art populaire.

Toute œuvre d’art est une mise en abîme d’exhibitions : le modèle se déshabille, le créateur se met à nu en prenant le risque de livrer sa création au public, le spectateur prend progressivement conscience de son rôle de voyeur, qui est aussi une manière de se dévêtir ; il regarde l’image et l’image le regarde. Reste à l’artiste l’alternative esthétique fondamentale de montrer crument ou de suggérer. La seconde proposition, à laquelle adhère ici Natacha Mercier, n’est pas la moins habile. Comme l’écrivait Georges Didi-Huberman, « [l]’œuvre donne à deviner un au-delà du visible, jusqu’à donner à voir […] l’invisible […]. Partout se célèbre la poétique du voile, mais un voile qui mi-montre […], voile qui doucement se soulève, fait entrevoir. »
Extrait du texte « Natacha Mercier ou La poétique du voile ». Thierry Savatier Historien de l’art, avril 2016.

THE CHAT ROOM (expositon Vasistas ?)
Le CIAM (La chambre du Poilu), Université Toulouse Jean-Jaurès

Création : Natacha Mercier
Commissariat : Jérôme Carrié
Création sonore : Jacky Merit
Régie et production : Marie Baillet et Hugues Mercier
Exposition du 12 mai au 24 juin 2016
Coproductions : 
Le CIAM (Toulouse), la Carrosserie Leurette (Lille), Frans Bonhomme (Toulouse), Galerie Exprmntl (Toulouse), les Abattoirs – Frac Midi-Pyrénées, Lieu Commun (Toulouse), Espace Croix Baragnon (Toulouse).
Remerciements : le « Poilu »

Carrosserie Leurette LilleThéâtre Sorano ToulouseBrasserie Duvel MoortgatLe Centquatre ParisEcole Nationale Supérieure des Beaux-Arts de BourgesThierry Savetier Lemonde.frThierry Savatier L’origine du monde de CourbetDaniel Welzer-LangDaniel Welzer-Lang Wikipédia,Château de l’Hospitalet NarboneRats d’Art,  Le Garage (Moteur d’Art Contemporain) BRIVEClassic’ envent COURTRAI, MAGPNew Square Gallery LILLECentre d’art contemporain L’Arboretum ARGENTON-SUR-CREUSECiam ToulouseUniversité Toulouse Jean-Jaurèsla Fabrique PoïeinRevue PlagesFRAC les Abattoirs ToulouseMagazine Boum!bang!Radio FMRCapucine MoreauCNAPLe Beau BugArtistes Contemporains.orgPaperblog.frréseau Pinkpong ToulouseClarence Hotel LilleGustave CourbetL’origine du Monde Musée d’Orsay,