Avec Midnight oil, première pièce de la série en cours Nightwaters, s’ouvre un cycle de recherche consacré aux conditions mêmes du voir. Cette œuvre inaugurale établit les fondements d’un travail où la matière picturale interroge la formation du visible, dans une perspective proche de la phénoménologie merleau-pontienne. Ici, la nuit et l’eau ne fonctionnent pas comme des motifs, mais comme des milieux perceptifs : des zones d’incertitude où la lumière, hésitante, révèle autant qu’elle retire. Les toiles à venir prolongeront cette exploration des seuils et des latences, proposant une véritable écologie de la perception dans un monde soumis à la saturation lumineuse. Nightwaters invite ainsi le regard à un déplacement : face à ces surfaces obscures et lentes, la vision se reconfigure, attentive à ce qui se dérobe. La série se construit comme un parcours où la beauté, devenue fragile et conditionnelle, se manifeste dans l’expérience même du regard qui apprend à voir à nouveau.



