40 ans du musée le Laac

Comme de longs échos qui de loin se confondent

Exposition collective au Laac à Dunkerque pour les 40 ans du musée.

Avec Les artistes exposés :
Karel APPEL • Pierre ALECHINSKY • ARMAN • Jean ARP • ATILA • Jean-Michel ATLAN • Anna-Eva BERGMAN • Pierre-Yves BREST • Camille BRYEN • Marcelle CAHN • Alexander CALDER • CÉSAR • Jean CHRISTOFOROU • Chu TEH-CHUN • Dominique DE BEIR • Olivier DEBRÉ • Gilbert DECOCK • Christine DEKNUYDT • Sonia DELAUNAY • Charlotte DENAMUR • Jean DEWASNE • Eugène DODEIGNE • Noël DOLLA • Jacques DOUCET • Gérard DUCHÊNE • Natalia DUMITRESCO • ERRÓ • Maurice ESTÈVE • Henri GOETZ • Cecilia GRANARA • James GUITET • Hans HARTUNG • Maya HAYUK • Auguste HERBIN • Toshimitsu IMAÏ • Joëlle JAKUBIAK • Paul JENKINS • Michèle KATZ • Farah KHELIL • Ladislas KIJNO • Louis LATAPIE • Eugène LEROY • Aglaé LIBERAKI • Ludovic LINARD • Béatrice LUSSOL • Alberto MAGNELLI • Gottfried MAIRWÖGER • Robert MALAVAL • Alfred MANESSIER • Maurice MARINOT • Natacha MERCIER • Jean MESSAGIER • Jean-Michel MEURICE • Joan MIRÓ • Marianne MISPELAËRE • Jürgen NEFZGER • Bernard PAGÈS • Édouard PIGNON • Diogo PIMENTÃO • Serge POLIAKOFF • Georges ROUAULT • Gérard SCHNEIDER • Gustave SINGIER • Pierre SOULAGES • Pierre THEUNISSEN • Maxime THIEFFINE • Raoul UBAC • Arthur VAN HECKE • Victor VASARELY • Maria Helena VIEIRA DA SILVA • Hugh WEISS

Du 19 novembre 2022 au 7 mai 2023.

La collection du Laac est dévoilée de façon singulière pour son exposition anniversaire :  il présente sa richesse et sa diversité en mettant en avant la créativité des avant- gardes de l’époque tout en donnant à voir la création d’aujourd’hui. Une sélection d’artistes contemporain auront réalisé une création en lien avec les œuvres du musée.

Jürgen Nefzger, Pique-nique sur le bord du canal de la Haute-Colme, Tirage photographique contrecollé sur aluminium, 69,5 x 89, 5 cm - 2007.

Jürgen Nefzger, Pique-nique sur le bord du canal de la Haute-Colme, Tirage photographique contrecollé sur aluminium, 69,5 x 89, 5 cm – 2007.

 

Natacha Mercier, La nuit, sur le bord du canal de la Haute-Colme. Acrylique sur toile, 139 x 179 cm – 2022. Coproduction le Laac, Dunkerque. Variation de Pique-nique sur le bord du canal de la Haute-Colme, de Jürgen Nefzger (tirage photographique contrecollé sur aluminium, 69,5 x 89, 5 cm – 2007).


Une installation picturale  immersive

L’installation occupe la moitié de l’une des huit salles du musée. La structure en bois peint fait 360 x 560 cm et 250 cm de hauteur,  ces dimensions sont à peu près semblables à celle d’un container de 20 pieds.

La toile fait 139 x 179 cm, elle est accrochée dans le fond au centre de la black box et subtilement éclairée par une source de lumière avec une découpe positionnée dans un caisson, qui rend invisible la source lumineuse. L’intérieur de la construction close est entièrement peint en noir mat et en blanc mat à l’extérieur. De la moquette noire tapisse le sol pour étouffer le son des pas et rompre avec les autres espaces du musée. Un sas avec des rideaux permet au public de s’enfoncer progressivement dans l’installation où la lumière extérieure de la salle ne viendra pas polluer l’obscurité ambiante dans la box.

La photographie originale de Jürgen Nefzger est accrochée à droite de l’entrée de la black box dans la salle.

 

LE DISPOSITIF, Hanna Alkema, Directrice adjointe des musées de Dunkerque :

Le Lieu d’Art et Action Contemporaine — musée de France à Dunkerque a invité, en 2023, à l’occasion de l’exposition anniversaire des 40 ans de l’établissement, intitulée « Comme de longs échos qui de loin se rencontrent », l’artiste Natacha Mercier à engager un dialogue avec une œuvre de la collection et son propre travail. Son choix s’est porté sur une photographie de l’artiste Jürgen Nefzger (Pique-nique sur le bord du canal de la Haute-Colme, 2007).

Dans ce cadre, Natacha Mercier a développé un projet d’une grande singularité, qui a profondément marqué notre équipe ainsi que les publics. À partir de cette image, elle a imaginé une forme de prolongement temporel et sensible de l’œuvre, interrogeant ce qui advient après la disparition des figures humaines, à la tombée de la nuit. Ce déplacement, à la fois discret et conceptuellement puissant, ouvre un espace de projection rare, où l’image initiale devient le point de départ d’une expérience immersive et presque méditative.

Nous avons été particulièrement sensibles à la persévérance et à l’exigence qui ont guidé l’artiste tout au long de ce projet. La recherche d’un rendu extrêmement précis — à la frontière du visible et de l’effacement — s’est traduite par un travail de peinture d’une grande minutie, nourri par un dialogue étroit avec la photographie et par une enquête de terrain menée aux côtés de Jürgen Nefzger. Cette rigueur, loin de toute démonstration spectaculaire, donne naissance à une œuvre dont la force réside précisément dans sa retenue, dans une forme de tension ténue qui engage pleinement le regard.

Le dispositif d’exposition utilisant une « black box », dont la très faible luminosité a demandé un réglage extrêmement précis en collaboration avec les équipes du musée, participait pleinement de cette expérience. En recréant des conditions de visibilité nocturne, il invitait les visiteurs et visiteuses à ajuster leurs perceptions, à ralentir, à éprouver physiquement cette frontière instable entre apparition et disparition. La dimension immersive du projet ne relevait pas d’un effet, mais d’un véritable prolongement de la recherche plastique de l’artiste.

Convaincus de la pertinence et du potentiel de développement de cette recherche, nous soutenons pleinement la poursuite de ce projet, dont la richesse plastique et conceptuelle mérite d’être approfondie et déployée dans de nouveaux contextes.


L’EXPERIENCE DE VISITE, le public  :

Il faut s’introduire dans un sas, passer dans deux rideaux noirs pour accéder à la pièce : on sait déjà que l’espace va cesser de nous être quotidien.

On entre donc. On entre dans le noir qui nous semble presque lourd. On cherche un repère car l’on sait qu’il y a quelque chose « à voir ». L’espace est-il grand ? Est-il petit ?

L’œil est perdu et continue de l’être. On attend tandis que, devant nous apparaît quelque chose de couleur grise qui flotte. Est-ce proche ou lointain ? On ne sait pas vraiment d’où ça vient : Est-ce une vidéo projetée par derrière ?  Est ce un trompe-l’œil ?

On s’approche, on change d’orientation : c’est ainsi qu’en général un trompe-l’œil se dévoile. On revient au point de départ et des formes apparaissent tout doucement avec une impression de flottement. On dirait un paysage.
On voit mieux maintenant mais on ne distingue rien précisément.

« De quoi cela est-il fait ? ».
C’est le souvenir de la nuit qui nous apparaît en réalité par le biais de ce, qu’il saura plus tard parce-qu’il se sera renseigné, d’une peinture sur toile. C’est la peinture qui révèle la mémoire de la nuit.

 

La toile présentée au musée dans la black box aux côtés de la proposition de Maya Hayuk en lien avec une œuvre de Sonia Delaunay. Production le Laac Dunkerque.